L'HISTOIRE D'UNE FAMILLE, UNE FAMILLE DANS L'HISTOIRE, DES HISTOIRES DE FAMILLE











l'Histoire de la famille VILAIN la famille de mon Père, et de la Famille CHAUVET celle de ma Mère








Si des membres ou des amis de la famille , ont des documents, papiers ou photos concernant notre famille, ou ont connaissance d'anecdotes et d'informations ils peuvent me contatcter et/ou m'adresser ces documents en les scannant et me les envoyer par mail:
j-philippe.vilain@wanadoo.fr






















lundi 18 juillet 2011

ABEL VILAIN, MON PERE

     Nous sommes en 1938, Albert LEBRUN est Président de la République. Les bruits de la guerre qui s'annonce se font plus précis. C'est la fin du Front Populaire.  Cette année là, Hitler annexe l'Autriche et la France ne bronche pas.


Albert LEBRUN, Président de la République
    En Septembre, Hitler menace la Tchécoslovaquie, la France rappelle ses réservistes. Edouard DALADIER, Président du Conseil (1er Ministre) signe les accords de Munich et sauve temporairement la Paix, au prix de l'abandon de la Tchécoslovaquie à son triste sort.


Edouard DALADIER, Président du Conseil
1938, c'est l'année de sortie de la Wolkswagen KDF, qui deviendra la Coccinelle, l'une des voitures les plus vendues au monde. En France, en Mars 1938, apparaît la petite Peugeot 202, une 6cv économique qui marquera son époque avant d'être remplacée en 1949 par la 203.  



   



    Nous sommes en Charente, dans la petite commune de Magnac- lavalette. Raymond RETHORE, Maire de magnac enregistre la déclaration de naissance, que viens lui faire Gustave VILAIN. Il rédige ainsi l'acte de naissance n°3 de l'année 1938. Le 1er mars est né Abel,Marc, Raymond VILAIN au lieu dit "l'Epine", à 19 h.
    Il est le 5ème enfant du couple, le 6ème de la famille qui en comptera bientôt 9.

    Comme ses frères et soeurs, il grandira comme les enfants de la campagne. Une vie modeste partagée entre travaux des champs, gardes des vaches, "pansage" des volailles, et ce avant et après l'École. 
    Tout petit déjà, il n'aimait pas son nom de famille, et quand on lui demandait son nom il répondait  : "je m'appelle Abel Mignon". Il refusait ce nom dur à porter quand l'on est petit, car les enfants sont très méchants entre eux (encore aujourd'hui).
    Elève très moyen, il n'aime pas l'école, n'aime pas lire, n'aime pas écrire.  les enfants de la famille vont à l'école à Magnac-Lavalette à 4 ou 5 kilomètres de la maison. Le trajet se fait à pieds quel que soit le temps. L'hivers les enfants apportent chacun une bûche comme chaque élève, cela permettra de chauffer la classe pour la journée. Il n'existe pas non plus de cantine à l'époque. Chacun apporte son déjeuner qui est pris sous le préhaut pendant les beaux jours, dans la classe l'hivers.
    Il lui arrive de faire croire qu'il est malade pour ne pas aller à l' école. Mais Marcelline, sa mère, qui le connaît bien surveille de très près. Un jour, en chemin pour l'école, il déclare a ses soeurs qu'il ne va pas bien, se plaint du ventre et rentre à la maison. Quand ses soeurs sont hors de vue, il regagne la maison en sifflant. Sa mère qui l'a entendu arriver, le met au lit avec une purge et un bouillon, il ne recommencera pas avant quelques temps. Parfois la punition est plus stricte, assis sous la table de la cuisine, elle lui attache la cheville avec un brin de laine au pied de la table, il devra y rester plusieurs heures et gare à la correction si le brin de laine est cassé.

    1946, la famille s'installe à Nanteuillet sur Boême près de Voulgézac. Abel, va maintenant à l'école dans ce dernier village.
Son temps se passe entre école et travaux des champs. Son jeu préféré c'est conduire les chevaux chez le Maréchal Ferrant à Mouthiers sur Boême. C'est l'occasion de faire la course sur plusieurs kilomètres et de faire du saut d'obstacle par dessus les clôtures. Bien évidemment, les chevaux arrivent couverts d'écume (de sueur), et le brave maréchal ferrant ne manquera pas de le dire au père. Et se sera l'inévitable punition en retour.

   
   1949, grand événement à Nanteuillet sur Boême. Toute la paroisse de Voulgézac est en Fête. Tout le village, mais aussi ceux des villages alentours, tous endimanchés, bras encombrés de fleurs attendent au carrefour dit "les 4 Routes", croisement de la route Voulgézac-Nanteuillet avec celle de Chateauneuf-Villebois Lavalette. Plusieurs prêtres en surplis, avec enfants de choeurs, croix et bannières de procession attendent. Venant d'Angoulême arrive l'évêque  avec mitre et crosse. Venant de Voulgézac arrive un char-à-bancs repeint à neuf décoré d'innombrables fleurs transportant un immense crucifix portant un christ en bronze de taille humaine. Le char a banc est tiré par 6 ou 8 Boeufs.  Après bénédiction, le long cortège de  la procession, clergé en tête,  prends la direction de Nanteuillet sur Boême.  Le parcours de quelques kilomètres se fait en chantant. La procession s'immobilise dans le bas du village, près du moulin de Nanteuillet. L'immense crucifix est descendu de la charrette, porté a dos d'hommes, la procession repart et la lourde, très lourdes croix, toujours a dos d'hommes, va grimper la colline qui surplombe Nanteuillet. La procession grimpe lentement par les petits chemins qui serpentent jusqu'au sommet. Mais suivant la liturgie, les 14 stations (arrêts) de la passion (le calvaire) du christ sont respectées. 14 arrêts pour prier, mais aussi reposer les porteurs.
    Sur le parcours, les 14 stations étaient symbolisées par 14 bornes qui doivent toujours y être. La procession arrive enfin sur le sommet de la colline. Là enfin la gigantesque croix est dressée et scellée. La date est gravée dans le béton. Ce que les gens savent moins c'est que le socle de béton contient une bouteille de verre renfermant à jamais la liste des gens qui ont porté, monté et dressé cette croix. Sur cette liste figure mon grand-père, mon père, et la plupart de mes oncles. Chaque année depuis cette date, le 15 Août avait lieu une messe au moulin de Nanteuillet, avec une procession. A la fin des années 70 il n'y avait plus qu'une messe; les célébrations ont cessées au tout début des années 80.
    Petite anecdote, de l'autre côté de la colline existe un petit hameau, "le jouffroux", dépendant également de la paroisse de Voulgézac. Les habitants de ce hameau, arrivant du Nord dans le courrant des années 50 décidèrent d'offrir un magnifique statue de fonte, représentant une vierge à l'enfant: Notre dame de la Paix. Ils installèrent cette statue au bord de la falaise surplombant la vallée, vers l'endroit appelé "la font Robert" dans un endroit assez sauvage, mais sur le territoire de ce hameau. Cette statue est en fait un Ex-voto, un remerciement à la vierge d'avoir épargné la vie du chef de famille pendant sa captivité durant la seconde guerre mondiale. Le clergé décida a plusieurs reprises, de faire que la procession de "Notre Dame de Nanteuillet" pousse jusqu'à cette vierge, avant de monter au calvaire de Nanteuillet.

     Bientôt Abel a 14 ans,  il passe son certificat d'étude à Blanzac, il le rate, cela en sera terminé des études. Il aidera quelques temps son père à cultiver les terres.



       Il trouvera bientôt une place comme ouvrier maçon, au sein de l'Entreprise Savin de Mouthiers sur Boême. Abel est un jeune homme réservé, il accompagne souvent son frère Gustave et c'est de lui qu'il tiendra son amour de la moto.

Abel à 16 ans

Sur la photo ci-dessus il a 16 ans, la photo a été prise par son Frère à Charmant (16), il est sur la moto de son frère Gustave. Jusqu'à son mariage en 1963 il restera un amateur de moto et de scooter, aura même plusieurs petits accidents, le dernier le brisera tibia et péroné, nécessitera la pose d'une broche. Il ne remontera sur une moto que dans les années 80 lors de l'achat de la  125 cm3 de son fils aîné.
Abel et ses copains : de gauche a droite Yves Leturdu, Guy Cimetuère, Abel, Henri Mercier et (non identifié)

    Petite anecdote : Sa mère, Marcelline aimait bien la moto, il l'emmènera régulièrement derrière lui. Celle -ci m'a raconté qu'un jour lorsqu'il la ramenait de charmant, ils sont passé sur le pont près de Vesnes (et qui enjambe la voie ferrée ) alors que le train y passait, accélérant alors ils engagent la course avec le train, et passent sous le pont de Nanteuillet sur Boême alors que le train y passe en même temps, ma grand-mère était morte de rire a l'arrivée car elle avait perdu ses galoches en cours de route. Il est vrai toutefois que les trains des années 50 étaient encore à vapeur et n'allaient pas aussi vite que ceux d'aujourd'hui...
Abel et ses copains : de gauche a droite (non identifié, Jean-Louis Cimetière, Michel Leturdu, Abel, Henri Mercier, Guy Cimetière, Raymond Nouhaud

    Fin 1955-debut 1956, son Frère Gustave part au service militaire, puis est affecté à Constantine, en  Algerie, où il disparaît brutalement fin 1957. Ce fait  marquera Abel pour la vie et il restera toujours très attaché à la mémoire de celui-ci.

    La vie reprend son cours. 1958, le Général De Gaulle reviens a la Direction de la France, et le 1er Juin l'Assemblée Nationale investit le Général  comme Président du Conseil (1er Ministre) par 329 voix contre 224. Le 5 Juin il est à Alger et c'est le célèbre "je vous ai compris" . Début octobre les textes fondateurs de la Vème république sont votés. le 22 Décembre le Général De Gaulle est élu Président de la République avec 77% des suffrages.

De Gaulle à Alger "Je vous ai compris!"

Charles De Gaulle, Président de la République

    Pendant ce temps en Charente, pour Abel,  la vie s'écoule au rythme des travaux des champs, du travail  comme maçon, et le Samedi soir, des sorties entre copains, aux bals dans les différentes communes des environs. Et même lorsqu'il rentre tard, au petit matin il faut se lever pour aider aux champs ou donner a manger aux bêtes.  Il n'a parfois que le temps de se changer qu'il entend déjà le seul coup frappé a la porte de sa chambre. C'est le signal, son père  lui indique ainsi qu'il est l'heure de se lever pour aller au travail. Il trouvera toujours un petit moment en debut d'après midi, pour faire une petite sieste réparatrice.
    Les retours de bals sont aussi l'occasion, entre copains de faire d'innombrables petites bêtises, telles que par exemple grimper le Brabant, que le paysan a laissé au bout de son champs, dans les hautes branches du noyer présent a proximité, et autres plaisanteries du même genre.
    La vie s'écoule ainsi paisiblement, l'été il donne la main pour les Battages dans les fermes amies ou voisines. l'hiver la vie est un peu plus dure. On chauffe peu ou pratiquement pas les chambres et de la glace se forme sur les vitres, la toilette sommaire se fait a l'eau froide qu'il faut aller tirer au puits. L'eau courante n'arrivera dans la commune qu'au début des années 70.

    Une fois par an on tue le cochon, c'est aussi l'occasion de réunir parents,  amis et voisins, chacun pendant deux jours donne la main, qui à tuer ou découper, qui à cuisiner. Chacun repart avec son petit paquet de boudin, saucisses ou côtelettes. Dimanche prochain en retour, on ira aider le voisin, et on reviendra à son tour avec son petit paquet de cochonnaille.

    Lors d'un bal des environs, un Samedi soir Abel fait la rencontre d'une jeune fille, avec qui il aura un flirt, sans savoir encore qu'un jour elle deviendra sa femme. Elle c'est Réjeane,  la fille du Cantonnier de Chadurie, Réjeane la fille de l'étranger, Réjeane CHAUVET la fille de l'argentin.

Abel et Réjeane au temps de leur premier flirt

    1958, c'est aussi l'année des 20 ans d' Abel. Et dans le courant de l'année arrive sa convocation pour les "3 jours". Il est convoqué a se présenter au Conseil de Révision c'est à dire pour examiner son aptitude à faire le Service Militaire.
    A la maison c'est la panique, son frère aîné ayant été tué en Algerie, ma Grand-Mère craint qu'il ne soit envoyé lui aussi la-bas où la Campagne de Pacification s'est transformée en une guerre ouverte et meurtrière. Alors elle va remuer ciel et terre pour qu'il reste en métropole. Elle va faire intervenir le curé, le maire, le préfet, le député,...et elle obtiendra qu'il reste en territoire métropolitain.
Abel et ses copains en permission, photo prise a la frairie de Mouthiers


    Abel est donc appelé a faire son service militaire, il est versé aux Services de Santé des Armées. Il sera tout d'abord Chauffeur d'officier à l'Hopital Cochin, puis rapidement affecté a l'Etat-Major des Armées au Fort de Vincennes ou il devient chauffeur de Colonel. Pour Abel c'est la belle vie, il découvre Paris, fait très souvent la Fête, trop même. Mais son Colonel est un brave homme, qui connaît un peu l'histoire de sa famille, et ne le réprimande pas lors de ses lendemains difficiles d'après fête. Il sait que son chauffeur est quand même disponible a tout instant, il le récompense souvent, comme par exemple ce paquet de cigarette que l'officier supérieur lui dépose chaque jour sur son bureau.
    Abel véhicule souvent Madame la colonelle , emmène les enfants a l'école, etc....
Abel chauffeur a l'Hopital Cochin



Abel chauffeur au Fort de Vincennes

Abel en permission a Nanteuillet, devant la maison de ses parents, il est encore 1ere Classe, il sera "cassé" suite a l'incident qui le conduira en Algerie

Abel a Nanteuillet pendant  une permission pendant ses classes, de gauche a droite Claude Perot, et son futur beau-frère Norbert Chagnaud
   
    Puis un jour le destin bascule. Le Colonel doit s'absenter quelques temps, son remplaçant a un sens de l'humour beaucoup plus approximatif, et tolère peu les écarts. Une nuit se dernier rentrant de permission par le train demande au chauffeur de venir le chercher à la gare. C'est l'hiver, il gèle. Abel était entrain de faire la fête avec des copains quand il est prévenu. Il se met au volant de la traction et se rend a la gare pour  charger son passager.l'officier s'installe a l'arrière.  Seulement Abel est quelque peu éméché et pour se dégriser il va effectuer toute la traversée de Paris vitres ouvertes, sans se soucier du confort de passager qui ne dit mot.
    Le lendemain lors de sa prise de poste, il apprend qu'il écope d'une punition. Jugeant injuste la punition, il se rend dans le bureau de l'officier et le ton monte, a un point tel qu'il en viens aux mains et colle un coup de poing dans la figure de son supérieur par dessus le bureau avant de sortir.

    La réplique ne se fait pas attendre, dans les heures qui suivent, il reçoit sa feuille de route : il est affecté séance tenante a l'hôpital militaire d'Oran en Algérie.  Il n'a fait aucun commentaire sur le voyage jusqu'à Marseille. Il embarque sur un cargo transport de troupe destination l' Afrique du Nord. La traversée se fait par très mauvais temps à fond de cale, entre hamacs et vomissements, parmi les centaines de militaires entassés.

    De dépit, il ne donnera pas de nouvelles a ses parents pendants plusieurs semaines. Ceux-ci inquiets iront s'adresser à la Gendarmerie qui transmettra à l'Autorité Militaire. Sa Hiérarchie le contraindra à écrire à ses parents.

Abel a l'Hopital Militaire d'Oran

    Finalement, il se fera assez bien a ce nouveau poste, partagé entre gardes, assistance en opération et vie de caserne. La vie a Oran, qui est une grande ville est très proche de la vie citadine en Métropole.
    Parmi les rares confidences qu'il fera sur cette période, il sera même invité a dîner dans la Casbah (vieille ville dans les quartiers musulmans) dans la famille d'un collègue, ou ils seront reçus comme des princes, lui et un de ses amis.

Oran, vue générale






Oran; la Gare


Abel dans sa chambre a Oran


Abel, de garde devant l'entrée de l'Hopital Militaire d'Oran


Abel avec la mascotte de la section, le petit chien a ses papiers militaires, il regrettera beaucoup ce petit chien lorsqu'il rentrera en Métropole.

    Puis va survenir un événement qui va le marquer a vie.  De par ses fonctions,il connaît déjà les horreurs de la guerre, n'oublions pas qu'il est rattaché aux Services de Santé des Armées, il a déjà vu les  blessés, mutilés et victimes de cette guerre.

    Le 26 janvier 1960, a 23h40, un tremblement de terre d'une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richeter, secoue la petite cité balnéaire d' Agadir au Maroc, pendant 15 secondes. Les dégâts sont considérables, 95% de la Casbah et 50% de la ville nouvelle sont rasés. On estimera a entre 12000 et 15000 le nombre des victimes.
La Base française aéronavale de la ville n'a pas été touchée et commence a organiser les secours. L'Algerie est appelée a la rescousse. Troupes et services médicaux se mettent en route.

    l'Hopital d'Oran envoie des troupes dont fait partie Abel. Lui et ses camarades sont dirigés vers l'aérodrome le plus proche, pour être acheminés par avions avec matériels de secours, hôpitaux de campagne, ...

    Un premier groupe monte dans de vieux Douglas DC3 Dakota, des avions rachetés aux USA, et qui ont fait le Débarquement de Normandie. Ces avions rustiques et fiables sont toujours utilisés par l'armée française en 1960 (en 1998 il y en avait encore plus de 400 encore en service dans le monde).

 Le premier décolle avec des camarades d'Abel; mais alors qu'il s'élève un de ses moteurs s'enflamme, explose et l'avion s'écrase aussitôt sur la piste dans d'immenses flammes qui s'étendent d'un coup à tout l'appareil. Des cris horribles, une odeur infecte de carburant et de corps brûlés. Aucun secours n'est possible. Et quand le feu est enfin éteint il faut ramasser les restes mutilés et méconnaissables des copains. Puis enfin monter à son tour dans un avion identique pour rejoindre Agadir où les secours sont tant attendus.  Imaginez l'angoisse jusqu'à l'atterrissage !
    A l'arrivée, c'est une vision d'épouvante, une ville détruite, des milliers de victimes et de mutilés.

Agadir avant le tremblement de terre



tres difficile de trouver des photos du tremblement de terre, j'ai trouvé celles ci sur un site internet de vente de photos anciennes









le celebre Hotel SAADA avant
le même après le seisme

 Mon père en parlera peu, mais il en gardera beaucoup d'estime pour les Marocains. En 1978, un vendeur en porte à porte, marocain, frappera à la maison pour proposer des tapis. Mon père d'habitude peu avenant avec les commerciaux  en tout genre qui se présentent, reconnaît à son accent l'origine du vendeur. Il le fait entrer, lui offre le café, et la conversation va s'engager et durer une partie de l'après-midi, entre souvenirs et respect mutuel. Avant qu'il ne reparte, il lui achètera un petit tapis. Pour en revenir à Agadir, Abel restera marqué  et ne voudra plus jamais remonter dans un avion de toute sa vie, refusant de nombreuses invitations à l'étranger ou en outre-mer.

    Après de nombreux mois passés en Algérie, Abel est enfin libérable, il regagne la France. Il embarque cette fois sur un paquebot de passagers et le trajet retour se fait par beau temps et sur le pont.
C'est sur ce bateau qu'Abel est rentré en France, beau temps et confort pour le retour

  

    Il débarque à Marseille et en attendant le train qui doit les ramener sur Bordeaux et Angoulême, les militaires toujours en uniforme vont prendre quelques verres dans un Bistrot proche de la gare. Ils ont déjà été insultés sur le port par des syndicalistes de la CGT (a l'époque la CGT milite contre la guerre en Algerie, et de nombreux militants, insultent et brocardent ceux qui rentrent, ils iront même jusqu'à tremper dans l'eau du port les conteneurs qui renferment les effets personnels des rapatriés civils ou militaires). Nous verront plus tard que mon père oubliera cet accrochage et se rapprochera des syndicats dans les années a venir.
    Donc, nos militaires commencent à s'échauffer dans ce bar, leur énervement grimpe proportionnellement aux insultes et quolibets qu'ils reçoivent. Et d'un coup c'est la bagarre générale, le bar est entièrement dévasté, détruit, les murs badigeonnés de vin rouge, et Cégétistes et civils flanqués a la rue avec pertes et fracas, dont quelques blessés graves. La Police intervient et escorte les militaires jusqu'au train pour éviter tout nouveau débordement. Le retour se fait sans encombres, et les militaires se séparent au gré des arrêts dans les différentes gares.
    Abel rentre à Nanteuillet sur Boême, à la ferme de ses parents où il retrouve la famille toute heureuse qu'il rentre sain et sauf. Dans quelques jours, il ira se présenter à la Gendarmerie de Blanzac, où il rendra son paquetage d'effets militaires.  Une page est tournée.

   Il reprend un temps son travail de maçon dans l'entreprise Savin de Mouthiers sur Boême. Du 28 Novembre 1960 au 17 Novembre 1961 il travaille dans l'entreprise Drouard et Compagnie; mais bientôt il réussit a décrocher un emploi a la SNCF.  Entre temps, les sorties entre amis ont repris, et les bals du samedi soir sont courus, c'est l'époque du Rock'n roll et des Yéyé. Dans l'un des petits bals des communes environnantes, il
retrouve la très mignonne fille du cantonnier de Chadurie Réjeane CHAUVET. Ils se plaisent toujours, ils flirtent a nouveau. Abel avec son nouveau travail à la Sncf, ne rentre que les week end, car il travaille a Paris, au dépôt de la sncf il nettoie les rames de voyageurs à l'arrêt.

   Marcelline VILAIN, sa mère pense a l'avenir de son fils. Vers 1960, mes grand-parents grâce aux économies de toute une vie, complétée par l'indemnité versé par l'état suite au décès de leur fils Gustave en Algérie, ont acheté une maison récente (de 1936) avec dépendances et quelques terres. De métayers les voici propriétaires exploitants, on change de statut social. Une famille voisine, à Nanteuillet reçoit régulièrement des parents de Paris qui viennent pour les vacances d'été, et, parmi eux il y a une jeune fille à marier.
    Les familles vont s'entendre sans consulter les jeunes gens, un mariage de "raison" est organisé, il en sera ainsi un point c'est tout.
Abel et Réjeane dans les années 60

Réjeane avant son mariage

    Seulement pour Abel et Réjeane, le simple flirt à évolué en grand amour, et les tourtereaux emporté par l'élan de leur jeunesse ont fauté. Réjeane se retrouve enceinte. Las familles sont prévenues, Abel souhaite épouser. Du côté famille Chauvet tout semble aller pour le mieux, même si Edgard ressent un petit pincement au coeur de voir sa fille préférée prête a quitter le nid. Du côté famille Vilain, notamment pour Marcelline, c'est le drame, épouser une fille d'étranger, fille d'un simple cantonnier qui plus est, alors qu'un mariage fortuné est déjà arrangé avec la parisienne... Mais Réjeane est enceinte! il faut réparer, pour les convenances plus que pour l'amour réel que se portent ces jeunes écervelés.
    A contre coeur, le mariage est organisé, il aura lieu le 2 Mars 1963 à Voulgézac. Sur la photo de groupe on peut remarquer la mine renfrognée de la mère du marié, et la mine attristée de la mère de la mariée, qui s'inquiète du bonheur de sa fille, sera - t elle heureuse avec une belle-mère aussi hostile? Pour l'anecdote je suis aussi sur la photo de mariage! et oui cherchez bien! nous sommes le
2 Mars 1963, et  je verrai le jour le 27 Août 1963! La robe de mariée dissimule à peine, ce ventre qui s'arrondi de ma présence.
le 2 Mars 1963, le cortége nuptial quitte Nanteuillet pour la Mairie et l'Eglise de Voulgézac

Retour au domicile des parents du Marié après la cérémonie

La photo de groupe est prise devant la grange chez mes grands-parents Vilain, derrière le marié Marcelline Vilain, un peu pincée, elle est separée de la mère de la mariée,  Hélène inquiète pour sa fille, par Edgard Chauvet mon grand-père, ce géant d'1m96


    Quelques jours après le mariage, Abel regagne Paris où il doit reprendre son travail. Il viens d'installer sa femme dans une pièce d'une des dépendances de la ferme familiale. Laissée seule à la merci de sa belle-mère, Réjeane se morfond. Enceinte jusqu'aux yeux comme dit l'expression, elle attrape froid croit elle et tombe malade. Constamment harcelée par sa belle mère, pour qui cette bouche inutile doit mériter sa pitance, qui la contraint malgré la fièvre, à la traite des vaches matin et soir, et a l'entretien des volailles et lapins de la ferme.  L'ambiance est tendue et vous comprenez que ma grand-mère lui faisait payer le beau mariage arrangé tombé a l'eau, souvenez vous : la parisienne.
    Le reste du temps Réjeane s'enferme avec la seule compagnie de son chat, en attendant le weekend, le retour d'Abel. Mais bientôt, le torchon brûle entre Réjeane et Marcelline. Réjeane mets enfin Abel au courant. Celui-ci trouve une solution pour calmer le jeu: éloigner la future mère de la belle-mère. Empruntant quelque argent à sa mère, il trouve un tout petit loyer dans le bourg de Voulgézac, propriété de M. et Mme METREAU. Ils s'installent enfin chez eux, avec juste un lit, une table et deux chaises, le début du bonheur.

    La grossesse arrive à son terme. Je viens au monde le 27 Août 1963 à 5 h 00 du matin, à la clinique Ste Marie à Angoulême. Ma mère étant fan, à l'époque du tout jeune Jhonny Haliday, son vrai nom viens d'être révélé : Jean-Philippe Smeth; je serai donc baptisé Jean-Philippe.

cette photo de moi, mon père l'a portée sur lui pendant plus de 20 ans, dans son portefeuille.

    Mon père est très fier, d'ailleurs il portera sur lui pendant plus de 20 ans, dans son portefeuille, une photo de moi petit (j'ai 1 an sur l photo). Il me la remettra bien des années plus tard, cette photo délavée et très élimée. Tout le monde rentre à Voulgézac, mais rapidement le bébé tombe malade, déshydratation grave doublée d'une coccidiose, une grave infection de l'intestin. le bébé est hospitalisé à Girac. Je resterai près de 6 mois à l'hôpital, et déjà je faisais des ravages. De nombreuses religieuses exerçaient alors comme infirmières à l'hôpital, et une jeune nonne s'est prise d'affection pour le bébé que j'étais, veillant sur moi a tout instant. Elle s'était tellement attachée à moi, que cela a été un vrai drame pour elle de me restituer à ma famille.
    Je n'ai jamais sut qui elle était, ni comment elle s'appelait, mais je crois que je lui dois la bonne étoile qui me suit depuis très longtemps, et j'ai régulièrement une petite pensée pour cette soeur.
Abel en 1964

    Revenu a la maison, le jeune couple ne roule pas sur l'argent. Le couple n'a pas de quoi se payer le chauffage aussi la nuit le bébé est confié à Denise et Lionel CHAUVET, le frère et la belle soeur de Réjeane. Abel travaille toujours sur Paris. Quand il reviens le jeune couple n'a que la petite motocyclette 125 cm3 d'abel pour se déplacer. Pour les promenades, abel monte sur la moto, réjeane derrière lui sur le biplace tirant d'une main le landau ainsi promené à petite vitesse, ce qui ferait hurler aujourd'hui. Cela aura été ma première façon de me déplacer. En semaine, Réjeane économise le peu d'argent du ménage, se nourrissant d'un camembert, d'un pain et d'une boite de sardine à l'huile qu'elle partage avec son chat. Le peu d'argent étant économise pour les soins du bébé.           
     Progressivement l'ordinaire du couple s'améliore, aidé  par Lionel et Denise, et même par Mme Metreau la propriétaire qui donnera quelques ustensiles ou accessoires pour aider ces jeunes gens et leur enfant. En 1964, Abel à un accident de moto. Il a la jambe cassée, fracture ouverte des tibia et péroné. Opéré à Girac, on lui pose une broche, et un plâtre. Il se déplace avec des béquilles. Pour les promenades le couple emprunte a Gustave un de ses chevaux, "Coquette" ou "Marquis" attelé au char à bancs, le landau étant alors chargé dans la charrette. Abel, toujours impatient commet des imprudences et n'hésite pas à se promener a travers champs avec ses béquilles. Ce qui devait arriver arriva. Une des béquilles est passées dans un trou de taupe, entraînant la chute du malheureux. Seulement dans le choc la broche maintenant les os en place à bougé, et il faut réopérer pour la remettre en place. La convalescence sera longue et douloureuse. Bientôt Abel est libéré, une nouvelle opération pour lui retirer la broche et quelques mois après il est libre de tous ses mouvements. 
     Août 1965, Réjeane est à nouveau enceinte et le petit deux pièces va devenir un peu juste. Le couple se mets à la recherche d'un autre logement. Ils vont le trouver dans un petit village tout près de là à Rouffiac de Plassac (Aujourd'hui Plassac-rouffiac). M. et Mme Hortion vont leur louer un petit 3 pièces (cette maison n'existe plus aujourd'hui, trop vétuste elle a été rasée).  Réjeane uand Abel est a Paris se déplace avec un petit VéloSolex comme on dit alors. Et une petite anecdote qui la marquera à vie, a faillit mettre une fin à sa grossesse.  Traversant un jour Voulgézac en Solex alors qu'elle est enceinte depuis plusieurs mois et déjà grosse, un chat noir lui coupe la route. Elle ne peut l'éviter et roule sur le greffier qui s'échappe en hurlant. Le solex déséquilibré se couche avec sa conductrice  qui se retrouve à plat ventre sur la route. Grosse frayeur mais après examen médical, le bébé n'a rien.

C'est avec un solex identique à celui-ci que Réjeane, enceinte de Fabrice, aura l'accident avec le chat noir.

     Le petit Fabrice viendra au monde le 13 Avril 1966 à 9h45 à la maternité de la clinique St Cybard d' Angoulême. Avec deux enfants Abel se sent loin de sa famille à Paris, il commence à réfléchir à revenir travailler sur la Charente, mais cela ne se fera pas tout de suite. Et quand il rentre le week end, Jean-philippe son fils aîné (moi même) ne le reconnaît pas et se cache soit dans les jupes de sa mère, soit sous la table. Autre anecdote : Abel et Réjeane avaient un couple d'amis Arlette et Fernand JEAN qui habitaient Livernant sur la commune Chadurie ou Charmant, en plein bois au sommet de cette colline traversée par le tunnel du chemin de fer, qui porte le même nom. Ils leur rendaient souvent visite. Un jour un incendie s'est déclaré dans le bois de Livernant alors que les hommes sont en promenade dans les champs environnants. Apercevant l'incendie qui se dirige vers la maison où ils ont laissés les femmes à boire le café, ils courent de toutes leurs forces, mais le vent attisant l'incendie, les flammes  les rattrapent et telles des grenades incendiaires, les pommes de pins qui éclatent font régulièrement partir les flammes quelques dizaines de mètres devant eux.  Lorsqu'ils atteindront la maison, les femmes se sont déjà éloignées a pieds sur la route avec les enfants. Les pompiers arriveront et permettront d'éviter le pire, la maison sera épargnée.


    Comme tous les maris éloignés de leurs épouses, quant Abel revients à la maison les retrouvailles sont chaleureuses et rapidement, en décembre 1966, Réjeane est à nouveau enceinte.
Laurent, Fabrice voit le jour le 03 Août 1967 à la maternité de St Cybard d'Angoulême vers 1 h 30 du matin. Abel, travaille toujours à la SNCF, à Paris, mais là 3 enfants à élever, il faut vraiment trouver un travail plus près. Le 1er Décembre 1967, il entre aux Papeteries de La Couronne, les Papeteries de l'Abbaye (prononcer l'Abeille, mais j'ignore le pourquoi de cette prononciation). 
    La vie s'améliore pour la petite famille, rapidement le confort va apparaître, la première Télévision, à une seule chaîne noir et blanc, achetée aux Nouvelles Galeries d' Angoulême, livrée cérémonieusement par deux employés en blouses blanches, en Break Citroen DS Blanc immaculé; très impressionnant lorsque l'on petit enfant. le Petit deux pièces-cuisine devient trop petit.  Le couple a toutefois une petite inquiétude, le petit Laurent, très réservé tarde à parler. Le médecin consulté leur demande de consulter un spécialiste,  ils ne pourront le faire faute d'argent. Le Petit Laurent  commencera à parler mais avec retard, plus tard que les autres enfants, mais tout rentre bientôt dans l'ordre.

    Abel déménage sa petite famille, direction Voulgézac. M. PETIT Boucher-Propriétaire terrien va lui louer un deux pièces cuisines un peu plus grand, un jardin potager, une parcelle de terre pour en faire un potager. De plus, Abel peut arrondir ses fins de mois en aider à ses heures perdues, au travail sur l'exploitation agricole du propriétaire. Abel peut enfin s'acheter sa première voiture (il à le permis depuis le 20 Septembre 1960), une occasion : une Renault 4 cv. C'est le bonheur!

C'est dans une voiture identique à celle-ci qu'Abel va véhiculer sa petite famille
 Au beau jours la famille part en Pique nique. Un coin de pré ombragé suffit, les glacières telle qu'on les connaît aujourd'hui n'existaient pas. A l'époque la lessive pour le linge est vendue en baril. C'est une espèce de bidon en carton d'une contenance de 10 à 20 kilos, cela n'existe plus aujourd'hui. Et à cette époque du début des loisirs certains fabriquant ont eut l'idée de réaliser leur baril en polystyrène, et ce sont ces barils qui feront office de glacières pour toute une génération, avant que n'apparaissent les vraies glacières. 
     Une fois par an, exceptionnelle expédition, le 15 Août, le voyage à la mer. Debout très tôt le matin, à l'aurore, le pique nique et les enfants chargés dans la voiture, nous prenions la route pour cette destination lointaine, très lointaine aux 70 kilomètres à l'heure que permettait la poussive et vénérable 4cv chargée. Et nous arrivions vers 10 h 30 / 11 h 00, à Meschers  où à Ronce-Les-Bains.
Meschers

Meschers
Ronces les Bains

Ronce Les Bains

 Baignade si la marée le permets, Piquenique sur la plage, baignade après la digestion soit 3 heures après le repas, puis on prenait le chemin du retour, et l'on piqueniquait à la mi parcours pour enfin arriver à la nuit complètement épuisés mais déjà espérant l'expédition de l'année prochaine.

    Abel travaille donc aux Papeteries de La Couronne depuis Décembre 1967. Il y est employé comme coupeur, il travaille aux pièces comme ont dit alors. Son travail consiste a attraper manuellement de grandes rames de papiers, à les disposer sur un massicot, genre de guillotine dont la lame à la forme d'une enveloppe dépliée, et cette guillotine d'une puissance phénoménale appuis cette lame sur cette énorme rame de papier dans laquelle elle tranche comme dans du beurre. Les formes ainsi découpée seront envoyées sur d'autres machines pour le collage et le pliage, elles donneront à l'arrivée ces enveloppes postales vierges que chacun connaît. Il travaillait aux pièces avons nous dit, c'est à dire qu'il était payé à la quantité produite, plus il en fait plus il gagne, il fera cela pendant presque 30 ans, s 'usant la santé et le dos pour nourrir sa famille et élever ses enfants.

    En entrant dans le monde des ouvriers d'usine, Abel découvre le syndicalisme et ce assez rapidement car embauché en Décembre 1967, cinq mois plus tard il est plongé dans les événements de Mai 1968. La vie chère, les hausses des carburants, la vie quotidienne devenue difficile, la révolte gronde. Cela commence par les Étudiants Parisiens, puis les ouvriers de l'industrie emboîtent le pas. Les syndicats appellent à la grève, celle-ci est générale: résultat en quelques jours plus d'essence nulle part, et de grosses  difficultés à s'approvisionner dans les magasins.  Les matières premières ne circulent plus et  l'industrie se paralyse. Après Paris, le pays voit fleurir les barricades. En ces temps d'insurrection des excès en tout genre sont commis partout : pillages, destructions, blessés graves, violences de part et d'autres, etc... Daniel Cohn Bendit, connut alors comme dany le rouge, ira jusqu'à uriner sur la tombe du Soldat Inconnu.



    A La Couronne, les ouvriers bloquent et coupent la Route Nationale 10 qui  passe devant l'établissement. un barrage filtrant est mis en place, les véhicules des forces de l'ordre sont repoussés violemment, les ambulances sont fouillées une à une, celles transportant des civils passent, celles transportant c.r.s. ou policiers blessés sont retardés, secouées, leurs occupants parfois molestés.
A Paris , le Général de Gaulle, disparaît, on apprendra plus tard qu'il est parti avec sa femme en Hélicoptère à destination de Baden Baden, à l'Etat-Major des troupes d'occupation en Allemagne. Avant de partir il donne des ordres, les chars marchent sur Paris et se préparent à écraser la révolte. Finalement, l'ordre ne viendra pas. De Gaulle rentre, les salaires sont augmentés, quelques congés supplémentaires accordés, en quelques semaines tout rentre dans l'ordre.
  




     A la maison, les enfants ne se sont rendus compte de rien, la nourriture n'a pas manqué grâce au potager et aux quelques volailles élevées par ma mère. Dans la grange, lapins et cochon laissaient encore de l'autonomie. Nous enfants, jamais nous n'avons ressentis quoi que se soit à cette période, nos parents n'ont jamais laissé paraître quelques inquiétudes, ni parlé de ces événements devant nous. Ce n'est que bien des années plus tard, que notre père nous parlera à quelques rares occasions de ces événements.
Abel au début des années 70

    Pour Abel, la vie reprends son rythme, il remplace sa 4cv par une seconde, mais au bout de quelques mois il a un petit accident qui aurait put être dramatique. Un soir, un oncle viens nous chercher en 2cv en catastrophe, affolée ma mère nous charge dans la voiture et nous voilà partis. Nous nous ressentons bien qu'il se passe quelque chose. Nous arrivons à Ste Acquitière près de Chadurie. un petit attroupement sur le bord de la route, mon père est parmi eux, quelques petites griffures au visage, quelques gouttes de sang sur la tête.  Il a en fait perdu le contrôle de la petite 4cv, qui a quitté la route, est partie dans le champs en contrebas ou elle a fait quelques tonneau avant de s'immobiliser près du lavoir qui existait alors (aujourd'hui disparut). Plus de peur que de mal.
    Dans les semaines qui suivent la petite 4cv est remplacée par une Renault Dauphine verte plus récente.


C'est une voiture identique qui promène désormais la petite famille


    Abel a différentes passions : depuis longtemps il aime le football. Il joue au sein de la petite équipe "Haute Boême" qui regroupe des jeunes de Voulgézac, charmant, chadurie. Leur stade, en rase campagne se trouve près de charmant. La sortie dominicale de la famille est souvent ce petit stade de foot. Abel est également chasseur, il le restera toute sa vie, et il aura jusqu'à son décès toujours des chiens de chasse près de lui. Abel est amateur de pêche également, et à la saison il y va souvent. Quand l'automne arrive c'est aussi un très bon chercheur de champignons. Il aime aussi les jeux de cartes et participe souvent aux concours de belote des environs ramenant souvent bouteilles et jambons.
   
    Février 1969, une nouvelle arrive qui n'était vraiment pas attendue: Réjeane est à nouveau enceinte. La vie continue au rythme du travail, pour Abel.
    Le 27 avril, a lieu le Référendum sur la révision de la Constitution, nécessaire pour les reformes de l'Etat. Résultats : 52,41% de "Non" contre 47,58% de "Oui". Le 28 Avril le Général de Gaulle fait publier un communiqué " Je cesse d'exercer mes fonctions de Président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi!"
    Après une campagne électorale de 2 mois, Georges Pompidou est élu 19ème Président de la République le 15 juin; il entre en fonction le 20.
Georges Pompidou, Président de la République


    Le 21 Juillet 1969, la télévision diffuse les images de cet événement incroyable à nos yeux d'alors, de l'homme qui pose le pied sur la lune. J'ai encore dans les yeux ces images noir et blanc, de mauvaise qualité que diffusait la télévision: l'alunissage du LEM et les astronautes Aldrin et Armstrong.








    Le 28 Octobre 1969, le petit Hervé, Alain voit le jour à la clinique Ste Marie d'Angoulême, à 11 h 00. Abel à confié Fabrice et Laurent à une de ses soeurs, ne gardant près de lui son aîné qui n'a que 6 ans. Et ces quelques jours sans maman lui laisseront des souvenirs de quasi vacances, partagés entre travaux  ménagers à la maisons avec papa, et visite à la clinique pour voir maman et le nouveau petit frère.
    Au bout de quelques jours, la maman et le bébé reviennent à la maison, et la vie reprend son cours. Abel remplace la dauphine verte un peu fatiguée, par....une autre dauphine mais rouge celle-ci.


abel remplace sa dauphine par une autre identique à celle-ci


     1970, grand événement dans le village, un grand chantier démarre: L'adduction d'eau comme on dit alors. D'énormes engins de chantier vont encombrer les rues du village pendant de longue semaines, c'est l'arrivée de l'"eau courante", de l'eau coulera bientôt toute seule au robinet qui sera installé au dessus de la pierre d'évier.


    Jusqu'alors, pour boire ou se laver il faut aller tirer de l'eau avec un seau, au puits, à l'autre bout de la cour. Pour boire ou se laver les mains on utilise ce que les charentais appelaient une "cassotte". C'est un genre de louche mais dont le manche est creux et percé a son extrémité. On remplit la cassote et on la pose en travers sur le seau, l'eau s'écoule alors par le manche qui forme comme un bec de fontaine par où coule un mince filet d'eau pour remplir un verre, ou coule sur les mains à laver. Autrefois en bois, elles ont existé en métal étamé, puis en plastique pour les dernières.


Autrefois en bois, puis en métal, les dernières cassottes furent en plastique, elles faisaient office de robinet avant l'arrivée de l'eau courrante


    Donc, l'eau courante est enfin arrivée à Voulgézac, et elle coule à la maison par un unique robinet d'eau froide. Pour avoir de l'eau chaude, il faut la mettre à chauffer soit dans la bouilloire sur la cuisinière à bois, soit pour la "Grande Toilette" dans une lessiveuse.
    La Grande Toilette c'est une fois par semaine, voir une fois par mois, dans une cuvette ou un baquet au milieu de la cuisine, car le salles de bain n'existent que chez les gens riches et en ville. Un petit réservoir dans la cuisinière a bois permets également d'avoir un peu d'eau chaude en permanence, car la cuisinière sert a faire la cuisine donc chauffe toute l'année au moment des repas (aux beaux jours), toute la journée l'hiver.


    Autre grand événement télévisé, le 13 Novembre 1970, les obsèques du Général de Gaulle.






      1970, Abel remplace sa dauphine par une Simca P60 Etoile 6 bleu ciel, la voiture est un peu plus grosse que la dauphine et plus fiable.




C'est une P60 Etoile 6, qui va désormais véhiculer la famille, identique a celle ci


     Cette année là, Joël Chauvet, le frère de Réjeane, débarque chez Abel. Il arrive avec sa femme, tout récemment épousée. Le couple arrive à bord d'une curieuse petite voiture rouge, une AUDI/NSU 1000TT. Ils arrivent de La Rochelle, et reviennent s'installer à Voulgézac.  Abel et Réjeane vont les heberger quelques jours. Puis en attendant qu'un logement se libère, Joël et Monique Chauvet vivront dans une caravane sur la place de la salle des fêtes du village (si la place existe encore, la salle des fêtes trop vétuste a été rasée et reconstruite ailleurs).
    1971, Abel et Réjeane déménagent à nouveau, direction le bourg de Plassac (Plassac-rouffiac), ou Madame Veuve Blais, va leur louer une maison plus grande, et comble du confort la maison possède des toilettes à l'intérieur, et une vraie salle de bain avec douche, la première que nous ayons jamais vue.
    Que de bons souvenirs dans cette maison. Une grande cour avec au milieu un puits en pierre de taille, sur lequel grimpe un Seringua (arbuste a fleurs très odorantes), deux granges, un garage contenant un ancien four a pain, et deux immenses arbres un laurier cerise et un ormeaux complétaient ce décor.
    La vie s'écoule paisiblement. La vénérable Aronde arrive a bout de souffle, mais surtout un petit accident qui aurait put être grave l'a endommagé. Abel passe en coup de vent, à Boisrond, l'ancienne maison de ses beaux parents, alors habité par une soeur à Réjeane Michelle et son mari René Marty. Comme il n'en à pas pour longtemps, il laisse les enfants dans la voiture stationnée sur le bord de la route devant le portail de la maison. 
   Depuis quelque temps déjà, l'ancienne étable de la maison s'est transformée en Restaurant Routier, le restaurant de "La Tour"(a cause de la tour de ré-éméteur tv qui a été construite a proximité). Un camion benne veut s'arrêter  au restaurant mais a loupé l'entrée du parking. Il freine brusquement, s'arrête au niveau de l'Aronde dans laquelle nous sommes nous les enfants. Le chauffeur entreprends alors de faire un créneau sans voir qu'il est un peu près de la voiture. C'est l'époque ou la jante de camions sont bombées vers l'extérieur et dépassent du pneu. Ces jantes tiennent grâce à  d'énormes écrous qui depassent de la jante. En reculant, les ecrous de la jante du camion vont frotter sur la carrosserie de la petite Simca, et ouvrir la tole des portières comme une boite de conserve, dans un impressionnant bruit de ferraille. Je vous dit pas l'ambiance dans la voiture, puis autour quant tout le monde est sorti après le bruit. 
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Cest un camion semblable qui abimera serieusement l'Aronde d'Abel
la famille a l'époque de l'épisode de l'accrochage de l'aronde : devant Marie-France Marty tiens son cousin Hervé, laurent est près de dédé Marty, au second rang Abel et Jean-philippe, au troisième rang de droite à gauche Jean-pierre Marty avec Fabrice sur ses épaules, la fille de la voisinne, Réjeane, Claudette Marty,  et la voisinne. Photo prise par ma tante Michelle Marty à Boisrond.


 Abel la remplace par une vieille 2cv qui nous laissera d'impérissables souvenirs à nous les enfants! Mais pour aller au travail, il faut une voiture fiable abel achète alors une Citroen Ami8 super de couleur orange rouille.Puis une superbe occasion va se présenter, le Garage Chesnel d'Angoulême s'offre de lui racheter l'Ami8 et lui propose une super Fiat 124S bleue turquoise, une superbe voiture à l'époque.




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C'est une Citroën Ami8 super identique que s'achetera Abel


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Une Fiat 124 S comme celle ci véhicula ensuite la petite famille
    Pour Abel, la vie continue, partagé entre son travail, son jardin, la pêche, la chasse et sa famille.


   Le 3 Avril 1974, le Président de la République Georges Pompidou décède à 21h00, à son domicile parisien.  
Le 27 Mai 1974, Valery Giscard d'Estaing est élu comme 20ème Présient de la République.
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Valéry Giscard d'Estaing, Président de la République


    Fin 1975, Abel et Réjeane aimeraient être chez eux. Leur niveau de vie ayant quelque peu augmenté, ils envisagent de faire construire. Ils consultent les pavillonneurs comme ont dit alors. Plusieurs terrains leurs sont proposés. Un terrain près de Chateauneuf retients un temps leur attention, mais le propriétaire ne souhaitant pas revoir légèrement son prix, ils ne peuvent faire affaire. Et c'est finalement à Jurignac, dans un tout nouveau lotissement en cours d'aménagement qu'ils vont enfin un terrain qui convient à leur bourse. Un constructeur leur à fait une proposition honorable, ce sera une Maison Phenix, ces fameuse maisons préfabriquées, assemblage de plaques de béton sur une armature entièrement métallique. Seul bémol qui n'a pas encore son importance  mais qui dans quelques années sera très grave, l'organisme financier leur a fait signé un prêt à taux révisable. Nous verrons qu'au début des années 80, la hausse vertigineuse des taux sera fatale à ce beau projet.
    Mais pour l'instant tout va bien le chantier démarre bien, la maison est livrée, et la famille y emménage le  1er Mai 1976.
Si la maison est terminée et habitée, pour limiter les coûts Abel s'est gardé l'évacuation des déblais occasionnés par le terrassement lors des la construction. La maison est entourée d'énormes monticules de terre et de calcaire, extraits pour implanter la maison sur ce terrain pentu. C'est seul et avec ses enfants qu'Abel, à la pelle autrement dit à la main, va évacuer tout se remblai et clôturer sa nouvelle propriété.


    La vie continue paisiblement, tout va bien pour Abel et sa petite famille. La crise du pétrole fait monté le prix de l'essence, et Abel pense a changer sa belle Fiat qui consomme beaucoup. Le couple va alors prendre la décision d'acheter une voiture plus économique. Pour la première fois de sa vie Abel va acheter une voiture neuve. Ce sera une Renault 6 GTL jaune pamplemousse.

c'est une renault 6 GTL identique a celle ci qu'Abel s'achete en 1977, dans le catalogue Renault ce jaune pale est baptisé Jaune Pamplemousse
    1978, pour la première fois de notre vie, la famille va partir en vacances. Norbert et Marie-Marcelle Chagnaud, le beau-frère et la soeur d'Abel, lui ont proposé de les rejoindre dans les pyrénées et de partager la location d'un chalet. La famille au complet va se faire faire une carte d'identité à cette occasion. La série de photos d'identité qui suit à été faite à cette occasion.
Abel


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Réjeane


Jean-Philippe


Fabrice


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Laurent


Hervé


    Au mois d'Aout,Abel charge les bagages dans une petite remorque bagagère qu'il attelle derrière la petite Renault  6, dont la malle arrière est insuffisante pour transporter les bagages de 2 adultes et 4 enfants de 10 à 15 ans.  Départ de bonne heure le matin, arrivée en début d'après-midi. C'est le bonheur de la découverte de la montagne que nous n'avions jamais vu; découverte du chalet "lou Païs" à Campan près de Bagneres de Bigorre ;  Randonnées en moyenne montagne, pique niques s'enchaînent pendant 8 jours. Ascension du col du Tourmalet, du col d'Aspin, pêche au Lac de Payolle, ascension du Lac Bleu enchantent la famille.
Campan






col d'aspin coté vallée d'Aure (Arreau-St Lary)




le lac bleu pres de Campan




Osséja près de Font-Romeu




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Font-Romeu


     L'année suivante, 1979, l'opération sera renouvelée mais à Osséja près de FontRomeu. Puis abel s'achètera une caravane, une toile de tente canadienne pour les enfants, et les vacances suivantes se passeront au Camping "Saint Roch" à Campan et ce jusqu'en 1985.
    
    A partir du Début des années 80, la crise se fait sentir à nouveau, les taux d'intérêts des prêts montent en flêche. Souvenons nous qu'Abel et Réjeane avaient contracté des prêts à taux révisables. Au début les mensualités à rembourser étaient raisonnables , mais rapidement le montant des mensualités augmente c'est le principe du taux révisable.  Les enfants grandissent, et les habiller, les nourrir, payer les études coûte de plus en plus cher au couple. Réjeane doit trouver un travail pour que la maison continue à tourner. De plus, Abel qui ne veux pas que ses enfants manquent de quoi que se soit, participe largement, quand ce n'est pas complètement, aux achats des cyclomoteurs, motos, frais de permis et achats de la  première voiture de chacun de ses fils. 


    Entre temps Abel change plusieurs fois de voiture, la Renault 6 est remplacée par une Renault 11 TL gris métallisée. Puis grâce a un accord avec la concession Renault d'Angoulême, il changera régulièrement sa voiture. Ce sera bientôt une toute nouvelle Renault 18  GTL dont le catalogue annonce couleur perle, un genre de bordeaux irisé, suivront une Renault 18 Blanche Diesel et enfin une Renault 21 grise Diesel
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Renault 11


Renault 18 couleur perled'après le catlogue Renault de l'époque




Renault 21


    Réjeane entre donc, aux Papeteries de La Couronne, elle y sera Aide-Débobinneuse, jusqu'à ce que la maladie lui fasse cesser le travail en 1993 (nous traiterons de sa propre histoire dans un prochain chapitre).  La situation redeviens stable pour le couple, mais cela ne sera que temporaire, les taux continuant à grimper, malgré un deuxième salaire, les mensualités deviennent énormes et de plus en plus difficile à supporter jusqu'à dépasser le montant du salaire d'Abel. La situation deviens intenable, et courant 1985 la maison est saisie et mise aux enchères par les créanciers. La situation a complètement perturbé Réjeane qui tombe malade, et est régulièrement arrêtée, les tracas ayant provoqués différents troubles; Le médecin de famille détecte et la mets sous traitements, pour des calculs à la vésicule biliaire, et différents troubles psychosomatiques, nous verrons ce qu'il en était en réalité. 
     Courant 1985, la famille déménage à Barbezieux, en ville, une première pour cette famille de la campagne. Elle occupe alors le premier étage, au dessus un magasin d'électro-ménager Central Europe (depuis ce commerce à disparut, il a été remplacé par un cabinet de khiné, puis est devenu un appartement) près du rond point formé par l'ancienne Bascule pour les camions (aujourd'hui disparue et remplacée par le  rond-point des rues trarieux et bancheraud). Dans ce superbe et grand appartement, la vie reprend calme et tranquille.
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Chateau de Barbezieux


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Barbezieux


 La famille y reste deux à 3 ans puis trouve a l'autre bout de Barbezieux, une petite maison ancienne avec garage et jardin (proriété de M. Gabriel Mallard), à l'angle de l'Avenue des Alouettes et de la Nationale 10 (il n'y avait pas encore de déviation à l'époque). La maison se révélera vétuste et pleine d'humidité, et il y avait même un puits dans le sous-sol. Abel retrouve enfin sa passion du jardinage et peut à nouveau avoir des chiens, ce que ne permettait pas l'appartement en ville.  Avec son indemnité il s'achète se qui sera sa dernière voiture une Renault 21 Turbo Diesel serie limitée "Symphonie", C'est le premier modele chez renault à avoir les commandes d'autoradio au volant(sur un satellite).
la cernière voiture d'Abel, c'est réellement la sienne en photo


    Son épouse est toujours régulièrement malades sans que le médecin de famille n'arrive a atténuer ses douleurs et fatigues, de plus l'ambiance au travail lui est très pénible. Des collègues jalouses racontent tout et n'importe quoi, lui font des histoires, ce qui n'aide pas a son rétablissement. En désespoir de cause, la famille décide de changer de médecin et contacte le médecin de Baignes-Sainte Radegonde, ce tout jeune médecin sort des écoles et a été formé aux nouvelles techniques. Il détecte quelque chose d'anormal, préviens Abel, et envoie Réjeane passer des examens sur Bordeaux. Il pousse également à quitter se logement limite insalubre et trop humide. La famille déménage pour Baignes courant 1992, et s'installe dans une ancienne bâtisse du 16ème siècle près du Pharon, grande cour, grand jardin, un chalet de bois jouxtant la maison, le cadre est superbe. 
   Peu avant le déménagement, Abel à eut des inquiétude au travail. La crise pousse les nouveaux dirigeants des Papeteries de La Couronne, alors leader européens de l'enveloppe, a réduire leur personnel. Sur les presque 1500 employés, il faut des volontaires pour le départ, avant de passer aux licenciements. Abel bénéficie alors d'un contrat particulier, il fait partie des veinards qui toucheront une indemnité, devront rester au chômage sans chercher de travail en attendant la préretraite, puis la retraite. Il est donc désormais libre de s'occuper de son épouse qui va en avoir bien besoin. Les résultats ne sont pas bons pour elle. Les médecins diagnostiquent un cancer du pancréas.
   Rayons et chimio n'y feront rien, car il est déjà trop tard. Abel assistera son épouse chaque jour, s'occupant d'elle à chaque instant, la voyant dépérir et souffrir à chaque instant. En quelques mois à peine, elle est rappelée à Dieu, le 30 Avril 1993 vers 11h30.
    Abel est effondré, il prends sur lui et va gérer seul la situation, ne souhaitant pas laisser cela à ses enfants. Après les obsèques, il déménage pour Bécheresse, au lieu dit "chez Boutrit", pour se rapprocher de la famille mais aussi du cimetière de famille qui se trouve à Voulgézac où repose désormais son épouse.  





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